La valeur d’une monnaie reflète la santé économique d’un pays, elle est la conséquence de la stratégie globale de long-terme. Dans une logique de court terme, l’Etat utilise la monnaie comme instrument de régulation du commerce international qui découle généralement par une augmentation des prix des produits importés et encourage la production de biens où l’on n’a pas d’avantage concurrentiel par rapport à d’autres pays. Pour résumer, on essaie de produire plus cher ce qu’on peut importer avec un prix moins élevé.La monnaie a un rôle très important dans une économie, selon Keynes «La monnaie a trois fonctions : transaction, précaution et spéculation » le taux de change de la monnaie (taux de change  réel et non pas celui qui est fixé par la  banque centrale) dépend de plusieurs facteurs : la confiance des usagers de cette monnaie, la demande pour se procurer cette monnaie si elle a une valeur intrinsèque importante et de l’économie productive…

Si l’on analyse les courbes du baril de pétrole et le taux de change du dinar, on trouve une similitude qui explique la corrélation qui existe entre ces deux variables. (Mise à part dans des conjonctures particulières telles que la crise de 2008).

carte-inflation-dans-le-monde

C’est une corrélation négative logique car l’Algérie n’exporte que de l’hydrocarbure. La raison principale de la dépréciation constante du Dinar est l’injection massive de la monnaie grâce à des politiques de dépenses publiques sans contreparties productives. Il existe plusieurs raisons complémentaires de la dépréciation du dinar sur « le marché parallèle »

D’abord, la diminution du transfère d’argent des émigrés en Algérie qui est pratiquement soldée par les transfères qui se font à cause de la fuite des cerveaux (les visas d’études), les simples citoyens qui voyagent de plus en plus à l’étranger et les hadjis.
Également pour motif de spéculation, l’algérien, pour se prémunir de l’inflation place son argent dans des actifs fonciers tels que l’immobilier que ce soit à l’échelle nationale ou internationale …
Le dinar actuellement est surévalué, il est maquillé par des ajustements comptables, par un soutien financier et surtout par un chômage de masse. Si l’on avait le plein-emploi avec uniquement 3% de chômage sur notre économie (avec la proportion de tissu productif actuel), on aurait une monnaie avec beaucoup moins de valeur qu’elle n’est actuellement. D’après les prévisions, cette dépréciation va se poursuivre jusqu’à ce qu’elle atteigne un cours de 1 Euro = 320 Da en 2019. (Monnaie déconseillée selon des traders).

Dinar-Algerie
Cette dépréciation implique plusieurs  ressentis socio-économiques pour le simple citoyen et éventuellement pourra plonger  le pays dans une crise économique plus intense que celle que l’on connaît actuellement.
Le premier impact, est la restriction des importations. Dans un pays qui importe à 80% les calories qu’il consomme, cette décision a un grand impact sur le portefeuille et l’assiette du citoyen qui possède déjà un pouvoir d’achat très limité.
Le second impact est la diminution du carnet de commande des entreprises. Oui, car en économie tout est lié, si les consommateurs consomment moins, les entreprises vendront  moins. (Ce qui semble être absolument incohérent avec la stratégie adoptée par le premier ministre qui table sur une croissance économique à deux chiffres)
Troisième impact : l’inflation, la dévaluation a un cercle vicieux ; l’augmentation des prix entraîne automatiquement une augmentation des salaires (pression sociale). L’inflation est déjà très élevée avec un taux qui dépasse 10% (selon l’ONS) alors que le taux idéal est de 3%. Dans cette dynamique, on est loin d’atteindre la norme.
Et enfin, la méfiance des investisseurs de s’engager dans des pays où la monnaie est faible et volatile.
Plusieurs pays ont connu cette situation à travers l’histoire et  se sont retrouvés dans des crises sans issues. Pour illustrer ces faits, on peut prendre un exemple récent concernant une crise monétaire.

Le Zimbabwe, ce pays où tous les habitants sont multimilliardaires :

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Pendant 15 ans, le Zimbabwe a connu une hyperinflation sans précédent, régulièrement supérieure à 1000% par an, liée à une grave crise économique qui a commencé par la confiscation des terres des fermiers blancs au début des années 2000. Cette expropriation a découragé les investissements étrangers et a fait lourdement chuter les exportations. En 2008, alors en pleine crise financière, le président Mugabe décide de faire tourner à plein régime la planche à billets et invente la fameuse coupure de cent mille milliards de dollars. Cette année-là, l’inflation a touché un record de 500 milliards de pourcents, «cela signifie que le prix moyen des biens en juillet cette année était 231 millions de fois plus chers qu’il y a 12 mois»

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D’après le quotidien officiel The Herald, un pain coûte désormais entre 7000 et 10 000 dollars zimbabwéens.

Quelles solutions pour éviter le pire ?

Il existe de nombreuses méthodes pour contrôler l’inflation, y compris certaines qui fonctionnent et certaines qui ne fonctionnent pas sans conséquences néfastes, comme une récession. Par exemple, le contrôle de l’inflation par les contrôles des salaires et des prix peut entraîner une récession et toucher les personnes dont les emplois sont perdus à cause de cela.

Une méthode populaire de contrôle de l’inflation est la politique monétaire contractionnelle. L’objectif d’une politique de contraction est de réduire la masse monétaire dans une économie en réduisant les prix des obligations et en augmentant les taux d’intérêt. Cela aide à réduire les dépenses, car ceux qui ont de l’argent veulent le garder et le sauver, au lieu de le dépenser. Cela signifie également moins de crédit disponible, ce qui réduit également les dépenses. La réduction des dépenses est importante pendant l’inflation car elle contribue à freiner la croissance économique et, à son tour, le taux d’inflation.

Monétarisme : Le monétarisme cherche à contrôler l’inflation en contrôlant la masse monétaire. Les monétaristes pensent qu’il existe un lien étroit entre la masse monétaire et l’inflation. Si vous pouvez contrôler la croissance de la masse monétaire, vous devriez pouvoir maîtriser l’inflation. Les monétaristes mettraient l’accent sur des politiques telles que:

  • Taux d’intérêt plus élevés (resserrement de la politique monétaire).
  • Réduction du déficit budgétaire (politique budgétaire déflationniste).
  • Contrôle de l’argent créé par le gouvernement.

Cependant dans la pratique, le lien entre la masse monétaire et l’inflation est moins fort.

Politiques du coté de l’offre : Souvent, l’inflation est causée par la non-compétitivité persistante et la hausse des coûts. Les politiques en matière d’approvisionnement peuvent permettre à l’économie de devenir plus compétitive et d’aider à modérer les pressions inflationnistes. Par exemple, des marchés de travail plus souples peuvent contribuer à réduire la pression inflationniste.

Cependant, les politiques de l’offre peuvent prendre beaucoup de temps et ne peuvent pas faire face à l’inflation causée par la hausse de la demande.

Dans une période d’hyperinflation : les politiques conventionnelles peuvent ne pas convenir. Les attentes de l’inflation future pourraient être difficiles à modifier. Lorsque les gens ont perdu confiance dans une monnaie, il peut être nécessaire d’introduire une nouvelle devise ou d’utiliser une autre comme le dollar (par exemple, l’hyperinflation du Zimbabwe).

Moyens à réduire l’inflation des coûts : L’inflation des coûts (par exemple, la hausse des prix du pétrole peut conduire à l’inflation, mais aussi une croissance plus faible. C’est le pire des deux mondes, et il est plus difficile à contrôler sans entraîner une croissance plus faible.

Article relayé par le journal électronique Obseralgérie  : http://bit.ly/2eGrNGH

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