La monnaie virtuelle est-elle en accord avec les principes de la Finance Islamique ?

Article en collaboration avec Mme Asma Karaoui, chercheuse en finance islamique à l’université ezzitouna (Institut de théologie de Tunis)

C’est quoi le bitcoin ?
Comme je l’ai décrit précédemment dans mon article sur le Bitcoin, c’est une monnaie cryptographique et un système de paiement pair-à-pair inventé par Satoshi Nakamoto, qui annonce l’invention en 2008 et publie le logiciel open-source en 2009.

Son unité de compte est le bitcoin, limitée à 21 millions d’unités et divisible jusqu’à la huitième décimale. Toutes les transactions sont vérifiées par les nœuds du réseau et enregistrées dans un registre public réputé infalsifiable appelé « blockchain ». Le système fonctionne sans autorité centrale, ni administrateur unique, mais de manière décentralisée grâce au consensus de l’ensemble des nœuds du réseau. Bitcoin est la plus importante monnaie cryptographique décentralisée avec une capitalisation d’environ 56 milliards de dollars en août 2017

Les bitcoins sont créés conformément au code source du logiciel, en rétribution du traitement des transactions. Certains utilisateurs mettent à contribution leur puissance de calcul informatique afin de vérifier, d’enregistrer et de sécuriser les transactions dans la chaîne de blocs. Cette activité, appelée minage, permet aux participants d’être rémunérés, pour chaque nouveau bloc validé, par des bitcoins nouvellement créés et par les frais des transactions traitées. Les bitcoins peuvent ensuite être échangés contre d’autres monnaies, biens ou services. Le prix de la crypto-monnaie, est fixé principalement sur des places de marché spécialisées et fluctue selon la loi de l’offre et de la demande.

En tant que moyen de paiement, Bitcoin est accepté par un nombre croissant de commerçants, incités par des frais de transaction généralement inférieurs aux 2 à 3 % pratiqués par les organismes de cartes de crédit et oscillant, pour le système Bitcoin, entre 0 et 2 % du montant de la transaction. Contrairement aux cartes de crédit, les frais éventuels sont à la charge de l’acheteur (et non du vendeur), qui choisit d’en payer volontairement. Une transaction bitcoin est irrévocable et ne peut être annulée. Malgré une croissance de 500 % du nombre de marchands acceptant le bitcoin en 2014, la crypto-monnaie n’est pas encore très implantée dans le commerce de détail mais continue de s’implanter dans les échanges commerciaux.

Depuis sa création en 2009 et jusqu’à la fermeture par les autorités américaines de Silk Road en 2013, Bitcoin a été utilisé majoritairement comme moyen d’échange par des réseaux criminels pour des jeux d’argents, acheter des substances illicites et des bases de données piratées. La crypto-monnaie a attiré l’attention des régulateurs financiers, des organes législatifs de différents pays notamment américains8 et des médias. Néanmoins, ces dernières années, la crypto-monnaie a mûri et un nombre croissant d’études concluent que ces activités illégales, bien qu’elles existent toujours comme dans tout système de paiement, ne représentent plus qu’une part minoritaire des échanges de la crypto-monnaie10,11. Le sénat américain reconnait par ailleurs que le bitcoin permet de fournir des services financiers parfaitement légitimes.

pour l’intégrer dans le régime de la finance islamique en tant que monnaie virtuelle utilisable et conforme avec les principes de la shariaa, il va falloir donner une petite résumé sur la monnaie en Islam , et vous savez très bien que la monnaie a une place importante et beaucoup des experts en économie ignorent le rôle crucial que joue la monnaie dans la finance prétendue islamique.

Premièrement, l’islam définit comme monnaie tout ce qui possède une valeur intrinsèque et dont les parties contractuelles sont satisfaites.

-> Valeur intrinsèque : qui possède une valeur propre, qui en soi a de la valeur. Par exemple : Aliments non-périssables comme du blé, de l’orge, des dattes, des métaux précieux, …

-> Dont les parties contractuelles sont satisfaites : Monnaie en laquelle les parties procédant à la transaction commerciale (achat/vente) reconnaissent comme ayant de la valeur et acceptent mutuellement comme moyen de conduire l’échange commercial. Et ceci selon le verset :

Ô les croyants! Que les uns d’entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu’il y ait du négoce (légal) entre vous, par consentement mutuel. Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous.

– Sourate 4 verset 29.

La transaction commerciale en islam est donc un échange de (généralement) deux choses ayant valeur égale.

Petite histoire :

Cette compréhension n’est pas unique à l’islam. De par l’histoire, les peuples ont compris qu’afin de commercer, l’échange des deux parties se devait équitable. Personne ne souhaitant s’engager dans un échange où il aurait vendu sa marchandise ou un service en contrepartie de quelque chose de moindre valeur …

Ce fut donc la naissance du troc. Les contractants se mettaient d’accord sur des biens et services à échanger contre d’autres biens et services. Malgré le fait que les quantités peuvent être jugées de manière objective par la pesée et la mesure, le concept de qualité était quant à lui assez subjectif (l’acheteur la diminuant afin d’acheter plus et le vendeur l’augmentant afin de vendre moins de marchandise sur sa transaction tout en recevant de l’acheteur).

Après moultes querelles et palabres, les contractants se mirent d’accord sur le fait qu’utiliser des méteaux précieux (principalement or et argent) afin de conduire leurs échanges commerciaux, serait une bonne manière d’avoir un outil d’échange reconnu par tous.

La monnaie était née.

Du vivant du Prophète (ص), les musulmans utilisaient les pièces d’or et d’argent frappées par les voisins perses de l’empire sassanide. Cependant, le Prophète (ص) indiquât à Omar les mesures équivalent à un dinar et dirham. Il fallut attendre son accession au Califat pour que ces dinars et dirhams soient enfin frappés et mis en circulation comme la monnaie officielle des musulmans.

Lorsque les terres d’islam furent colonisées, les colons y introduirent des coupures papier afin de régulariser sous leur tutelle les transactions commerciales. De nombreuses fatwas suivirent et furent unanimes sur le fait que l’argent papier même s’il est couvert par un dépôt aurifère ne représente que la “reconnaissance de dette” de ce dépôt et non pas le dépôt en lui-même. Échanger des reconnaissances de dette (en l’occurrence, le billet argent papier) pour des transactions commerciales n’est pas autorisé en islam. Car n’ayant pas de valeur intrinsèque et la reconnaissance de dette étant strictement entre le dépositaire et son garant, en d’autres termes, ce billet n’est pas échangeable avec une personne extérieure à l’acte du dépôt. L’argent est donc de la dette.

Aujourd’hui la situation a empiré. L’argent émis par les autorités monétaires n’est en rien couvert par un dépôt aurifère ou de l’argent métal. Notre argent, est purement du papier imprimé, il n’a de sa valeur que le pouvoir d’achat fluctuant à l’instant T.

En conclusion, pour qu’une finance soit un minimum islamique (ou en ait l’air) il est impératif que les transactions se fassent avec le dinar d’or et le dirham d’argent comme monnaie.

Un système financier “islamique” qui se conforme à la fraude de l’argent papier n’a d’islamique que le nom.

les types de la monnaie :

La monnaie représente l’intermédiaire des échanges sur le marché.

Elle est constituée par l’ensemble des moyens de paiement dont dispose les agents économiques pour régler les transactions.

  1. Les fonctions de la monnaie
  2. Une unité de compte (= instrument de mesure de valeur)

La monnaie est une unité de valeur qui permet de mesurer la valeur des biens et des services de nature et de qualité très différentes. C’est-à-dire un étalon, une unité de mesure commune grâce à laquelle un prix est établi pour chaque bien selon ses spécificités.

  1. La monnaie est un instrument d’échange

La monnaie facilite les transactions entre les agents économiques car elle est acceptée par tous. Elle est immédiatement disponible et sans frais, c’est un actif liquide.

Elle est la condition pour rentré sur le marché, car l’agent économique qui désire acquérir un bien soit doit posséder, soit la quantité de monnaie nécessaire, soit le moyen d’obtenir cette quantité de monnaie nécessaire.

Elle permet d’éviter le troc  qui a des inconvénients : biens non équitables, biens ne se conservant pas et biens qui ne sont pas toujours accepté de tous. Mais une solution a été trouvée : le contrat.

  1. La monnaie est un instrument de réserve de valeur

C’est un moyen qui permet de transférer du pouvoir d’achat. Un agent économique peut, soit utiliser immédiatement la monnaie qu’il détient, soit reporter son achat en le mettant en réserve grâce au mécanisme de l’épargne financière (au près des banques) ou grâce à la thésaurisation (si l’argent reste chez nous).

  1. Conclusion

Pour qu’il y ai monnaie, il faut que ces trois fonction soient présentes.

  1. Les différentes formes de la monnaie
  2. Histoire
  3. La monnaie marchandise

Elle représente le bétail, les coquillages, les épices, les étoffes,… qui étaient des moyens d’échange qui devaient être durable pour être stockés, divisibles et suffisamment rares pour que les individus aient envie de les détenir.

  1. La monnaie métallique

Elle représente les métaux précieux (or ou argent), d’abord sous forme de lingots, puis sous forme de pièces. La valeur de la pièce est liée à la valeur du métal.  Elle est la forme la plus ancienne de monnaie, elle inspire confiance, mais pose des problèmes de transport.

  1. Les formes actuelles de monnaie
  2. La monnaie divisionnaire

Elle comprend l’ensemble des pièces qui contrairement à la monnaie métallique, n’a pas de valeur intrinsèque. Elle est fabriquée dans les banques de chaque pays.

  1. La monnaie fiduciaire

Elle prend la forme de pièce et/ou de billets de banque émis par la banque centrale. La valeur de cette monnaie est liée à la confiance des agents économiques en l’économie du pays.

  1. La monnaie scripturale

Elle est l’ensemble des dépôts des agents économiques auprès de banques, elle représente 87% de la monnaie en circulation. On parle de dématérialisation de la monnaie.

Cette monnaie est utilisée dans la vie courante grâce à des moyens de paiement (chèque, carte bancaire, virement,…).

Injonction de la chariaa :

Actuellement, les spécialistes sont prêts à offrir une opinion Shari’a sur la production de Bitcoin.

Le présent article pourrait peut-être initier une étape jusqu’ici sans précédent dans laquelle de nouvelles mesures sont prises pour faire face à cette exigence en termes de loi islamique

Tentera ici de fournir une base sémantique pour le dialogue académique sur le problème en mettant l’accent sur la nature du problème en tant qu’exigence contemporaine.

Il présente une grande similitude avec le papier-monnaie fiduciaire non remboursé par l’or et l’argent dont le statut d’argent provient de la confiance reposée dans son émetteur, qui est l’autorité souveraine de chaque pays et dont la valeur change par rapport à la balance commerciale d’un pays, à savoir Ses exportations et ses importations en premier lieu, suivies d’investissements et de spéculations sur les marchés des changes, en tant que facteur principal influençant la stabilité ou l’instabilité d’une monnaie par rapport à d’autres devises.

L’information disponible met en relief trois aspects de Bitcoin: (1) production; (2) négociation et négociation dans Bitcoin; Et (3) entrer dans le réseau Bitcoin en tant qu’investisseur. Je traiterai d’abord les premier et deuxième aspects, en laissant de côté le troisième en raison du fait qu’il manque d’universalité par rapport aux aspects 1 et 2, et en tenant compte de la relation plus grande avec la mécanique du marketing de réseau avec laquelle beaucoup Une fatwa a averti.

Production de la monnaie numérique Bitcoin: il est important dès le départ de différencier Bitcoin en tant que monnaie numérique d’une part, et la possibilité de convertir toute monnaie réelle en monnaie numérique ou électronique. Je vais d’abord commenter ce dernier aspect et plus tard revenir au premier, car il s’agit du problème réel en discussion.

Conversion de toute devise en monnaie numérique: il est possible de convertir ou de chiffrer de la monnaie réelle en monnaie numérique ou électronique à la recherche de moyens plus rapides et plus sûrs pour échanger et échanger des devises et peut-être même du blanchiment d’argent. C’est parce que la monnaie numérique passe sur les obstacles que la surveillance de l’État impose aux devises.

En dépit de ce but et de cette intention, cela ne produit rien de nouveau en termes de position juridique islamique. La simple référence à une monnaie dans un format alternatif ne fait rien pour modifier la réalité, par exemple, en dollars ou en livres sterling, même si elle est exprimée comme une valeur équivalente sous un nouveau descripteur, par exemple. 100 $ = 1 unité de monnaie numérique X.

Tant qu’il est possible de revenir à la monnaie d’origine grâce au décryptage, les questions resteront raisonnables, acceptables et exemptes de modifications substantielles. Dans l’utilisation des cartes monétaires, des transferts bancaires ou des banques prépayées, nous trouvons réellement quelque chose qui s’y rattache dans une forme, avec une distinction importante, c’est-à-dire que ces médias fonctionnent sur des unités de la monnaie d’origine alors que Bitcoin 0utilise une nouvelle valeur équivalente et Un nouveau descripteur d’unité. Cela nous amènerait alors à la situation où une monnaie réelle a été convertie en Bitcoin par échange, ce dont je discuterai à l’heure actuelle.

Production de la monnaie numérique Bitcoin: Ce que l’on entend par production ici est l’émission de devises, comparable à la monnaie de monnaie, alors qu’un pouvoir souverain imprime des dollars, etc. Avec Bitcoin, cependant, il n’existe pas d’autorité émettrice souveraine. Ce que nous avons, selon les informations disponibles, est que tout le monde peut émettre une monnaie Bitcoin dans le processus appelé exploitation minière sur des sites Internet spécifiques. Cela se fait par l’utilisation d’un programme électronique nécessitant un ordinateur haute puissance. Le processus informatique culmine dans la production d’un nombre spécifique d’unités de la Bitcoin numérique. En conséquence, tout le monde peut utiliser le programme et émettre une monnaie Bitcoin pour créditer son propre compte basé sur Internet.

Cette méthode de production constitue un point de divergence substantiel entre la monnaie émettrice souveraine et Bitcoin. Ce dernier n’est pas délivré par une autorité qui le définit et le garantit. Cet aspect particulier de Bitcoin est enveloppé dans l’obscurité. Certaines des informations disponibles semblent indiquer que cette monnaie pourrait même s’évaporer électroniquement à partir du compte Internet d’un utilisateur. L’absence d’une autorité garantie signifierait que, dans les cas d’une telle évaporation, il n’y aurait personne pour qui une indemnisation puisse être demandée.

On peut argumenter que les banques commerciales en tant qu’entités privées émettent de l’argent de crédit à plusieurs reprises au-delà du montant de la monnaie réelle initialement déposée auprès d’elles, et elles le font en accordant des financements dans une mesure beaucoup plus élevée que les dépôts qu’ils détiennent. Cependant, la différence entre Bitcoin et l’argent émis par les banques commerciales (dans le cadre d’un processus de création d’argent) est que la délivrance par les banques repose sur la garantie des dépôts originaux ainsi que sur la surveillance de l’autorité souveraine. Aucun de ces deux facteurs n’est disponible dans Bitcoin.

Je poursuis maintenant le deuxième aspect, en partant plus tard de la position juridique islamique lors de la délivrance, puisque la conceptualisation complète et une vision économique faciliteraient grandement la formulation d’un poste dans la loi islamique.

Faire face à Bitcoin comme monnaie en concurrence avec des devises réelles: à ce jour, la publication de Bitcoin a été criblée par l’obscurité qui entoure son autorité garantie et l’autorité souveraine qui en génère de la confiance. Le but réel de Bitcoin est de concurrencer d’autres devises dans l’achat de biens et de services, voire de spéculer en monnaie. Bitcoin a en fait émergé en monnaie acceptée dans des milliers de magasins à travers le monde et est devenu une monnaie parallèle à d’autres monnaies dans la mesure où il est devenu échangeable avec le dollar et l’euro à des prix acceptés à Wall Street comme tout Autre monnaie.

L’émergence de la monnaie Bitcoin de son émetteur (ou producteur) au propriétaire du restaurant ou des propriétaires de dollars ou de livres soulève Bitcoin de l’obscurité et de la brume qui entoure la phase de sa production, jusqu’à une étape où se forme une norme générale autour de Bitcoin Comme un moyen accepté de régler les obligations, un moyen d’échange commercial, ou un stock de valeur ou de richesse. Ce sont les caractéristiques principales de toute devise. À ce stade, si nous devions nous rappeler la nébuleuse production, nous nous trouvons devant une nouvelle monnaie comparable à d’autres devises dans leurs caractéristiques essentielles tout en les dépassant dans la facilité et la sécurité, mais aussi en présentant les facteurs de risque dont nous avons parlé plus tôt.

Le point de vue juridique islamique sur l’émission: il est à noter que Bitcoin diffère du concept fondamental pour l’émission de toute monnaie dans la mesure où son autorité émettrice est inconnue, qu’elle est acquise sans récompense et que ses producteurs ont accès à de grands avantages en échangeant ces Numéros pour les biens et autres devises. Grâce aux avantages de l’émission de devises, ils peuvent générer une énorme richesse au détriment de la société représentée dans son autorité souveraine. C’est l’un des principaux points axés sur la formulation d’une position juridique islamique dans la délivrance de Bitcoin. Le stade de l’émission, cependant, va bientôt se transformer en un stade historique inexistant tandis que la monnaie elle-même reste aussi disponible et accessible que n’importe quel autre. Les questions resteront: Qui est l’émetteur? Et à quel droit l’émetteur a-t-il atteint ces retours massifs lors de la délivrance? Est-ce un gouvernement mondial non divulgué avec l’autorité gouvernementale à émettre? Cette hypothèse pourrait bien être la clé pour faciliter une position juridique islamique, contournant ainsi la phase de délivrance. À mesure que la monnaie augmente en circulation, la discussion autour du stade de l’émission disparaîtra parce que la monnaie deviendrait, comme mentionné, une réalité avant les yeux et les oreilles du monde.

Le point de vue juridique islamique de la phase post-émission (circulation, règlement et épargne): une norme générale a commencé à se former autour de l’acceptabilité de cette monnaie sur tous les marchés en pleine vision des législateurs. Il y a même des places pour l’échange de Bitcoin contre d’autres devises. Cela renforcera une vision de Bitcoin comme étant entièrement comparable à d’autres devises dans les contrats de change par devise, et en usure par l’application de l’équivalence dans le cas de contrats à une seule espèce, et la prise de livraison constructive bilatéralement où plus d’une espèce est Impliqué comme dans le cas de dollars pour Bitcoin, ainsi que l’interdiction de prêt à intérêt.

Le soutien de la notion de norme générale pourrait être tiré ici d’un point des mentions d’Imam Malik: si les gens devaient accepter le cuir peau de chameau comme de l’argent, les règles d’usure s’appliqueraient. La réalité, cependant, est quelque peu différente. L’argent provenant du cuir peau de chameau est à égalité avec l’or et l’argent, car tous ces éléments sont reconnus comme des biens à part entière, ce qui est tout à fait différent du papier-monnaie qui ne sont pas des biens, mais seulement du papier. Bitcoin, de même, n’est que des nombres. C’est pour cette raison que j’ai laissé entendre les problèmes inhérents à sa délivrance. Si Bitcoin avait été une forme de biens à part entière, on aurait pu dire qu’il était semblable au cuir d’or, d’argent ou de chameau. Comme il s’agit d’un simple nombre, il ressemble beaucoup plus à l’argent papier contemporain qui n’est que du papier. Néanmoins, Bitcoin diffère du papier-monnaie en ce que celui-ci reçoit du décret souverain une confiance qu’il perdra entièrement dans le cadre d’un autre décret souverain d’arrêt, tandis que la confiance en Bitcoin grandit progressivement, sans aucun décret souverain, mais seulement par son existence réelle.

Beaucoup de spécialistes sont à l’aise pour traiter une crypto-monnaie comme étant au même titre que les billets et les pièces de monnaie fiat. Ceux-ci incluent Islamweb.net , et le Dr « Munzir Kahf » de la Faculté des études islamiques du Qatar. Certains enthousiastes se déclarent très compatibles avec les principes de la charia islamique et plus adaptés aux modes de financement islamiques tels que Blossom Finance, une entreprise de microfinance basée en Indonésie. Matthew J. Martin est le fondateur de l’entité.

L’exigence fondamentale de la charia pour que les moyens de paiement des biens et des services soit reconnu comme un appel d’offres acceptable est qu’il devrait être acceptable pour un nombre important de contreparties dans une démographie ou une communauté donnée. Comme ces crypto-monnaies varient selon leur qualification pour ce statut. C’est pourquoi il existe des opinions contradictoires entre les régulateurs, les commerçants et les érudits de la charia.

Parmi les militants islamiques, il existe l’école «métalliste», qui considère l’argent comme une marchandise, une chose avec sa propre valeur inhérente – et celle que les gouvernements devraient laisser seuls autant que possible. Ils sont représentés par des promoteurs «Gold Dinar» au Moyen-Orient. En revanche, pour l’école «chartaliste», l’argent est un système complexe de relations de crédit, qui permet à la valeur de circuler au sein d’une société. Pour ces personnes, la monnaie est juste le jeton autour duquel le système monétaire est organisé. Les gouvernements ont un rôle à jouer dans la gestion de ce système et donc de l’économie.

Les juristes islamiques classiques ont envisagé que: «Tout ce qui est généralement accepté par le public peut remplir le rôle d’argent». Ainsi, l’argent est, avant tout, un moyen d’échange et non une marchandise. Le prix de cet argent (intérêt) doit être nul.

J’ai soutenu qu’une monnaie de crypto de Bitcoin pouvait constituer un instrument efficace pour le développement de la finance islamique. La finance islamique impose des exigences différentes par rapport aux politiques financières conventionnelles sur un instrument monétaire concernant son utilisation comme outil de réalisation de la justice sociale et économique. Les plus éminents savants de la charia gardent leurs esprits ouverts et maintiennent une observation étroite sur les développements dans le monde de la crypto-monnaie.

Au fur et à mesure que les normes réglementaires sont adoptées et affinées, les produits créatifs entrent sur le marché et les prix des différentes monnaies cryptographiques se stabilisent, nous verrons une plus grande confiance de tous les acteurs du marché, y compris les praticiens de la finance islamique, les promoteurs et les étudiants de la Sharia, qui sont les Gardiens de l’industrie.

finalement , ce type de crypto monnaie peut être applicable en tant que une nouvelle forme , on peut l’intégrer pour influencer positivement l’économie réelle par exemple ,  un groupe de banques islamiques pourrait organiser un échange de monnaie virtuel selon le principe de Musharakah afin de permettre aux clients des banques d’acheter et de vendre des crypto-monnaies efficacement, afin de transférer la valeur entre eux et de contourner les inefficacités du statu quo système bancaire. Si cette bourse a maintenu une offre d’offre / demande très étroite et n’a pas facturé d’autres frais et un accès restreint aux clients des banques membres, cela pourrait constituer une incitation pour les musulmans et les non-musulmans à se ranger avec les banques membres.

N’hésitez pas à partager vos avis dans la section commentaire en bas de l’article.

 

3 réflexions sur “La monnaie virtuelle est-elle en accord avec les principes de la Finance Islamique ?

  1. la monnaie fiduciaire, scripturale ou électronique a été imposée au monde musulman et elle est contraire au principe et fonctionnement de la monnaie métallique (qui était utilisée et légiférée par le prophète), ainsi, le plus sage, serait de ne pas adapter la législation islamique à la monnaie fiduciaire, scripturale ou électronique. A vrai dire, d’un point de vu religieux, il y a beaucoup de textes coraniques et prophétiques interdisant aux musulmans l’adoption des méthodes judéo-chrétiennes, a ce titre, nous savons tous d’ou nous vient l’idée même de la monnaie fiduciaire, scripturale ou électronique, ne serait que sur cette question, les fatwa sur la monnaie fiduciaire, scripturale ou électronique deviennent de facto nuls, y compris en ce qui concerne l’intérêt ou l’aumône (zakatte)
    il faut être conscient que le fait d’utiliser la monnaie fiduciaire, scripturale ou électronique nous met en position de « hors jeu » vis a vis d’un monde musulman « authentique »

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  2. salam aleikoum,
    merci pour le texte, texte que j’ai lu jusqu’à la dernière ligne. Malheureusement ce n’est pas a ma portée de comprendre tout ce qui est écrit. c’est un peu technique.
    Je suis tombé sur cette page, car voulant savoir si acheter du bitcoin était licite. Aussi, savoir si le fait d’en acheter en espérant que cette monnaie prenne de la valeur dans le temps était conforme a l’islam (école malékite). mon questionnement concerne aussi l’Etherum et autre ALTcoin.

    Dans l’attente de vos lire, merci.

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